Pierre BRANDAO  

Poussière d'âme
(Villanelle*).
 

Une poussière d’âme échappée d’un sourire
S’illumine soudain alors que je dormais :
Mon rêve s’est levé, une muse l’attire. 

Elle ose défier le naturel empire
Dont je suis roi. Pourtant, je ressens désormais
Une poussière d’âme échappée d’un sourire…

Et je reste sans voix, ne sachant pas quoi dire !
Mon regard étourdi ne peut se refermer !
Mon rêve s’est levé, une muse l’attire !

 S’approchant près de moi en un seul clin de rire,
Elle a glissé son nom dans ces mots bien aimés :
Une poussière d’âme échappée d’un sourire… 

Elle danse, gaiement, et mon esprit chavire :
C’est une luciole au parfum animé !
Mon rêve s’est levé, une muse l’attire !

 Confiant à mon cœur son passé de martyre,
Elle a soufflé l’instant que l’on ne sent jamais…
Mon rêve s’est levé, une muse l’attire :
Une poussière d’âme échappée d’un sourire…

 25.10.2001                   

Villanelle   

C'est une forme fixe de poésie usitée au moyen-âge que j'aimerais remettre au goût du jour (heureusement, je ne suis pas le seul poète à m'exercer à ce style) ; dans cette forme, on y trouve une musicalité particulière, donnant un air de refrain à certains vers sur lesquels on veut insister.

PB                                       

 

 

 

MARIN
(rondeau)

 

Je ne suis qu'un marin perdu dans la tempête,

Soufflant à cœur blessé le pleur de ma trompette

Je suis le matelot qui s'enivre et se plie

Criant à travers flots le dégoût ramolli,

Dégoût à pâle écume où l'ombre se répète ...

 

Je voudrai contracter la poudre d'escampette,

L’orage est violeur du plaisir de la fête,

Je ne suis qu'un pauvre hère au hasard de folie,

Je ne suis qu'un marin ...

 

Il faudra bien qu'un jour je redresse la tête,

Que je batte le sort d'une victoire nette

La mer m'entourera de ses bras si jolis,

Je m'y noierai de grâce en buvant dans son lit,

Et n'oublierai jamais qu'avant d'être poète,

Je ne suis qu'un marin ...

 

 

 

 

LA NAISSANCE D’ONDINE 

 Le soleil a rougi surprenant une vague
Se passionner soudain pour un zeste de vent :
Leur union charnelle eut un heureux dénouement :
L’écume mit au monde une belle naïade…

Les cumulus rieurs ont crevé tout l’espace,
Attirant les curieux qui se hâtent de voir :
Ils restent silencieux, bouche ouverte et hagards,
Ils ne s’attendaient pas à de si belles grâces !

Le ressac humblement lui sert de robe pure,
Cachant sa nudité aux éléments transis.
Son doux regard, bleu intense, perle d’Asie,
Attire l’Océan en quête d’aventure…

Rejoignant le rivage en deux foulées divines
Naïade s’interroge : a t’elle donc un nom ?
Et la vague et le vent, toujours dans leur passion,
Lui disent en riant : tu t’appelles Ondine !

 

 

 

 

 

FETES MEURTRIES

  C’est ton anniversaire, Anne, et pourtant, les larmes
Ont l’odeur de ton sang versé sur du métal !
L’ivrogne est bien trop plein, pour lui tout est normal,
Même s’il a tué l’innocence et le charme !

Tu te mariais demain, Eric, et ta fiancée
Se faisait une joie à cet événement.
Le blanc se change en noir, et cet enterrement
Consacre la douleur : la mort sur la chaussée !

Un brevet ça se fête, Antoine, entre tes potes,
Il faut savoir trinquer et croire en l’avenir !
Ne prends pas ce cyclo que tu ne peux tenir,
Ecoute-nous bon sang ! si tu meurs c’est ta faute ! 

Saoûlons-nous mes amis fêtons cette victoire !
Déambulons les rues à fond sur le plancher !
Ivresse et cris des sens, surtout quand est lâché

Le volant du fêtard au destin dérisoire ! 

Combien de vies gâchées à l’occasion de fêtes
S’étaleront ainsi sur le beau macadam
Qu’on soit ou bien connu ou bien simple quidam
La route est terminus quand trop de vies s’arrêtent ! 

PB      15.04.2002                            

 

 

 

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