© Louis CAPART

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Une seconde enfance


Mon enfance, nous n'avons plus ces rendez-vous
A mi-chemin, juste entre nous
A quelques pas de l'innocence
Pourtant, j'aurais bien voulu te garder
Entre les pages des cahiers
où j'écrivais tous mes silences
Du temps où je croyais les années lentes
Figées dans mes longs devoirs d'écolier
C'était bien avant que je ne déchante
J'avais cru entrer dans l'éternité

Mon enfance, tu plonges du mauvais côté
Je te perds un peu chaque été
Je te sens presque disparaître
Ailleurs, étrangère à ma propre vie
Même quand mon nom est écrit
J'ai du mal à te reconnaître
J'ai là des photos où on est ensemble
Tu vois, mon visage a beaucoup changé
L'enfant n'est plus celui qui me ressemble
Je crois qu'entre nous les ponts sont coupés

Mon enfance, dans ton jardin abandonné
Le vent qui vient m'a condamné
A vivre des années frileuses
Pourtant il n'y a rien à regretter
Lorsque les cartes sont données
D'une jolie main de tricheuse
Longtemps sans toi j'ai cherché dans les livres
Les règles d'un jeu qui m'avait meurtri
Depuis, j'ai trouvé mes raisons de vivre
De guérir enfin de ma nostalgie

Mon enfance, je me refuse obstinément
En suivant ton enterrement
A gâcher plus tard ma vieillesse
Alors, pour ne plus jamais nous quitter
Je voudrais vite nous donner
Comme une seconde jeunesse
Ma vie à l'aube d'une autre naissance
D'un autre regard qui s'ouvre bientôt
Ma vie source d'une seconde enfance
Qui n'a pas encore dit son dernier mot
Qui n'a pas encore dit son premier mot

 

 

 

 

La dissonance


Nous avions chacun d'entre nous
Bien caché tout au fond de nous
Ce qu'on appelle communément la différence
Nous pensions que ce petit rien
Ce détail presqu'anodin
Ne serait jamais entre nous la dissonance
Le bonheur qui nous tend les mains
Mais souvent s'attarde en chemin
A fait grandir sans prévenir notre méfiance
Le plaisir à l'autre volé
Cet amour qui s'est abîmé
Le temps perdu conduisent à l'indifférence

Que reste-t-il de nos beaux jours
Quand il faut faire demi-tour
Qu'il faut partager demain
Ce que nous avions en commun
Effacer de notre mémoire
Les moments forts de notre histoire
Oublier les mots trop parfaits
Qui soudain ne sonnent plus vrai

Nos projets se sont envolés
Dans des valises séparées
Celles-là même qui portaient nos espérances
Cette route prise en commun
Se divise en petits chemins
Il faut choisir celui de la dernière chance
On revit les petits matins
De bonheur on pense à demain
Le vide est là qui fait son lit qui nous appelle
Il nous donne l'éternité
D'un malheur qu'il nous faut cacher
Au monde entier qui tient debout quand tout chancelle

Nous perdons la notion du temps 
que devient l'autre en cet instant
Est-il heureux d'un amour né de nos souffrances
Le silence de la maison
Reste notre seul compagnon
Mais n'a jamais une parole d'espérance
Le bonheur c'était pour demain
Mais hier on était si bien
On rêve encore d'une existence sans histoire
Notre vie ne tient qu'à ce fil
Sur lequel on est immobile
Funambule en déséquilibre provisoire

L'être qu'on ignorait hier
Devient le plus beau de la terre
On ne lui trouve par ce monde ressemblance
On se perd dans les souvenirs
On ne conserve qu'un sourire
L'amour est là qui n'aura jamais eu de chance
On s'endort dans un lit défait
On abandonne ses regrets
A la nuit noire qui rit de nos défaillances
Où est l'autre dans cet instant 
Où est l'ami(e) que j'aimais tant
Je voudrais bien revivre notre dépendance

Nous avions chacun d'entre nous
Bien caché tout au fond de nous
Ce qu'on appelle communément
La différence.



 

 

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