Cathy GARCIA - Chipunta

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LE SEPTIEME SENS 

L’âme nue, coquillage brisé
Dans un mouchoir de peau.
Une algue violette 
Au cœur du ruisseau,
Un trou dans le four à vie ! 

L’air d’un rire, sa note, son parfum,
Puis la coupe noire, vin du pirate,
Les fards du défunt.

 Mains sur le corps 
Mirage !
L’île, clé du silence, 
La valse des innocents 
Accrochés aux nuages.

 Caractères de loups tendres, 
Des lunes 
Trop pleines d’attendre,
Trouver où ranger
La toile et le venin !

 Le chant de l’oiseau dans la neige,
L’enfant rouge avale un rasoir.
La traînée sombre du cortège,
Le port défendu de l’espoir.

Peut-être un dernier vol ivre 


Vers la dent de l’Eden,
Pour  jeter têtes vives
Les bourreaux dans l’aven !

 2001

 

PAPILLON DE NUIT

Au coin d'une rue,
Peut-être la nuit,
C'est ton regard qui m'attire !
Ce papillon noir qui fuit,
Cette fièvre étrange,
Cette pâleur sauvage…
Te savais-tu androgyne ?

Qui es-tu, drôle de créature ?
Tu m'as rappelé bien des souvenirs…
Ton corps tendu qui se dérobe,
Tes mains de rustre qui cachent un poème
Et ce murmure rauque qui coule dans tes veines,
Le souffle du chat !

Oui je sais, toi, tu n'attends personne,
Mais moi, vois-tu, on ne m'attend pas !
On me croise, simplement
Et parfois sous la lune
Quand je me glisse entre ses doigts, 
Mais j'avoue ton filet l'air de rien
M'intrigue et me fascine !

J'ai rêvé que ton âme s'ouvrait à moi
Noircie comme les pages d'un livre.
Nous avons dû certainement, toi et moi,
Nager autrefois en des eaux communes,
Peut-être bien sur cette autre planète
Imaginaire, je présume…

Je ne sais pourquoi, au coin d'une rue,
Peut-être est-ce la nuit,
Papillon qui se noie,
J'attends encore.


2001 
(Extrait de " Papillon de nuit " Franche Lippée Ed. Clapàs)


 

 

LA CIBLE AMNESIQUE


Amour amadoué
Par un Mozart
Criblé de ratures.

Poisson et carapace d'or,
Vieux lézard taciturne,
Chien bleu des sables qui mord,
Martin-pêcheur de lunes.

Queues de scorpions
Plongées dans la peinture,
Oeil de papillon
Accroché aux ceintures.

Soupir gommé par trop d'azur
Dans un nouvel accès de fièvre, 
Dévorant le ciment des murs,
Pendu au masque rouge des lèvres.

De l'amour 
Braconné
Ne reste 
Qu'une plume.

2001

 

 

 

JE BOIS

 Je bois au luxe pâle des galeries
Dans le lit des rivières sacrées,
Je bois aux mosaïques lumineuses 
Du panthéon des muses
 Et leurs attelages de félins !

Je bois à l’odeur circassienne
Des musiques de départ,
Au goût frais et humide du voyage,
Aux atomes de rêves dans le sang.

Je bois au désir de révolte
Qui bat dans les cœurs limpides

Et à la vérité qui chemine 
Aveuglée de poussière !
Je bois le désert, je bois la soif,
Je bois comme je marche,
Jusqu’à la réflexion ultime,
Jusqu’au miroir insondable,
Cette source glacée 
Qui nous a enfantés !

 Je bois au centre du cercle
Et je bois aux quatre directions,
Je bois les étoiles cachées sous le sable,
Je bois les parfums cachés sous la peau.

Je bois à la magie, à l’union, au mystère,
Je bois la flamme et la révélation.
Je bois à l’être singulier
Qui donne ses sens aux multitudes !

Je bois les frissons du vent
Et la montée de la rage,
Je bois aux anges dégringolés,
Je bois le rire de l’Homme à l’infini.

2001 (extrait de « Pandémonium 1 »)

 

 

 

LA VIE VA !

  Dis vague, où va la vie?
La vie divague
Selon ses envies !

 La vie vogue
Et la vigie voit,
La vie bogue
Et la diva boit !

 La vie zigzague,
La vie exode,
 la vie élague
Les nuits sans joie.

 La vie s’évade,
La vie pirogue,
La vie cascade 
Et puis s’en va !

 Dis vague, où va la vie ?
La vie est vague,
Je suis la vie !

 2001

 

 

 

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