Armelle GEYDET

Visiter  son site

 

Textes poétiques

Vents et mouvements

Le ciel m'a perdue
sur la mer salée d'îles

j'y ai bu les éclats ivres de la nuit
nuages et puits déshabillés et nus

Le sel brutal est resté sur ce lit
et les astres humides malgré lui perdurent.

Les bruissements chauds des feuilles forestières semblent fuir les rumeurs des visages mais éclatent à la face blanche des orages latents.

 

Voici ce linéament vert cherchant la verdure que le ciel pâle envie car il parle et respire le vent de cette allure folle de cheval trop cabré comme un arbre adolescent.

 

De grandes pierres sombres marchent et se perdent dans le ciel, cherchant cette longue cheminée où s'endorment les flammes chaudes.

 

Des vagues éclatent sur cette lèvre aphone
où sourient quelques ombres écarlates;

 

Des chevaux s'esclaffent devant tous ces ciels éclaboussés de sang qui gisent dans l'herbe fraîche.

 

Grises et vertes les mers dépècent les vents
de leur lumière invincible et silencieuse.

 

De grands nuages pourpres cravachent sous la pâleur de leur voûte, s'arrachent les voiles déjà saoûles des vents dévergondés qui grondent et crient sous l'ombre grise ; puis balafré par les lames argentées ravalant chaque espace, le ciel illuminé de spasmes dilue enfin sa force dans la pluie lourde qui tombe et sombre au fond des fleuves sourds pour traverser la nuit et fondre sur la plage.

 

Des écorces de merveilles cisèlent l'or des prairies au sommeil décoré, elles se lovent derrière le rayon qui sort de l'ombre lourde dont le corps résonne parfois sous l'éclatement de ses formes si sombres, irisées de soleils.

 

 Les verts, les reflets et les arbres s'effacent et se perdent dans l'atmosphère sereine des écorces et des ombres, où le soir emmène sa barque morte vers es rêves de soleil.

 

Ce soir les forêts écarlates parlent à l'éclair,
elles scintillent si bruyamment dans les vagues noires et calmes des pluies odorantes,
qu'y palpitent ici et là quelques astres illuminés après la nuit.

 

C'est un pli noir et léger qui s'ébruite, glisse et meurt sur des reflets de lune, puis, violemment gréé par la nuit, éclairé par le vide qui gicle sur le rythme des déchirures, luit et s'enfuit sans arrêt dans ses ténébreuses célérités.

 

Le temps se repose. Les plantes sombres restent là, chaudes et vertes sous la douceur du monde ; toute l'ombre sent bon ce parfum végétal dont le chant lentement me caresse et s'endort.

 

 

 

| Galerie | GalerieB | News Ecrits | Musique Agenda | Liens Contact | Spiritualité

ARneT (art & expression)
Merci de respecter les droits © des artistes
Utilisation des textes et images soumise à l'accord préalable de leur auteur

Site déclaré à la CNIL, sous le numéro 785412  (Article 16 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés).