Nicole Herault

Là-bas...

***

Je suis allée là-bas...
En attente de toi, dedans ma chrysalide,

Sur la lande endormie où voyageait ton nom,
Les mains pleines de mots, ma jeunesse pour guide,
D’une fragile note espérant le bourdon,
Je suis allée là-bas…

Je t'ai trouvé là-bas...
Lorsque la mousse bleue a parfum d'églantine,
Rien ne ressemble à rien sous un ciel un peu louche.
Tu as rivé tes yeux aux miens criant famine,
Et comme un incendie en rosée sur ma bouche,
Je t'ai trouvé là-bas...
 

Je t'ai aimé là-bas...
Tu m'appris du désir la fondante agonie,

En tressant des je t'aime à mes cheveux mouillés. 
Des sursauts de nos corps d'où jaillissait ta vie
Aux longs gémissements des songes rejetés,
J'ai tout aimé là-bas...
 

Je suis restée là-bas...
Là, sur de noirs coteaux, dans un désert sans lune,
Tu clouas ton mensonge au plus profond de moi,
D'un mot tu repris tout, ton rire et ma fortune.
Le cœur ensanglanté d'un vide déjà froid,
Je suis restée là-bas..

Refermant à jamais l'empreinte de nos pas,
Je suis morte là-bas... 

 © Nicole Hérault   14/02/2002                          

                          

 

 

A trop rêver...  

         (Villanelle) *

***

A trop rêver la vie amour s'en est allé 
Fragile Nirvana redevenu mystère 
En tes yeux mon beau rêve un matin s'est noyé 

Le lointain devenir, à mon regard voilé, 
Sur la lune valsait, pantomime légère 
A trop rêver la vie amour s'en est allé

Mon azur sur ta bouche en tes mains ma gaîté 
A trop lisser ta peau, liqueur de douce-amère 
En tes yeux mon beau rêve un matin s'est noyé 

Ton rire et ma folie au couchant de l'été 
Ta sève dans mon corps, nébuleuse éphémère 
A trop rêver la vie amour s'en est allé 

Ta beauté léonine était ma vérité 
Mon cœur bat la dérive ô félonne Cythère 
En tes yeux mon beau rêve un matin s'est noyé 

Des éclairs du désir les pourpres ont fané 
Du flamboyant roman pleure en moi la chimère 
A trop rêver la vie amour s'en est allé 
En tes yeux mon beau rêve un matin s'est noyé.

 

© Nicole Hérault 06/12/2001

 ·  La villanelle était très prisée au XVIe siècle par son rythme agile.
Elle est formée d’une succession indéterminée de tercets, sur deux rimes, 
dont le 3e vers reprend successivement le 1er puis le 3e vers au poème. 
La dernière strophe qui devient alors un quatrain reprend les deux 1ers vers

 

 

 

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