Laur@nne

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Allumettes

Le cœur craque
Comme craquaient autrefois les allumettes sur la boite
Comme craquaient sous les pas les lattes de bois
Les pas qui menaient à la boite
Pour craquer les allumettes
Qui n'en finissent pas, et qui n'en finiront jamais de se cacher dans la boite
Sur la cheminée
Le cœur craquera comme se brise une allumette
Une allumette de cette boite sur la cheminée
Vers laquelle se dirigent les pas
Dans le noir
Pour saisir la lumière qui se trouvait dessus
Et dedans
Après
Car la flamme est dans le craquement de l'allumette
Elle est dedans la cassure du cœur
Et brillera
Mais tout à l'heure
Quand le soufre en aura fini de souffrir
Pour l'instant, il craque
En morceaux
Et le plancher se tait, pour une fois,
Peut-être pour dire qu'il ne parlera plus
Qu'il restera la mémoire de ce qu'il fut
Quand il menait les pas
Vers la boite
Où sont toujours enfermées des allumettes
En monceaux
Pour rien
Puisque nul ne se dirigera vers elles
Pour l'instant
Sur les lattes
Tout autour de la cheminée
Sur laquelle se trouve une boite
Toujours
Pleine à craquer
De souvenirs, peut-être, pour plus tard
Quand tout aura brûlé
Tout autour de
La cheminée
Où rien ne se passe
Sauf moi
Qui me passe
Le film à reculons
Sans faire craquer
Le silence d'acétate.


 

 

Bleus

Tes yeux sont bleus comme des bleus
Bleus de froid d'amour
Bleus par bleus
Le temps descend les jours
Mon amour
A se creuser le cœur
Bleus à bleus
Et rien au fond du trou
Que son image coupée en bleu
Laisse tourner les roues
Impossibles
Cibles
Si bleues
Nous serons bleus mon amour
Contre le temps qui grogne
Ecoute pleuvoir bleus les jours
Dans ta poitrine mon cœur cogne
Bleu
Bleu
Bleu
Bleu de froid d'amour
Je t'aime, tu m'aimes
Un bleu : beau coup
Aux bleus de cache-cache
Nos corps se perdent
Bleus de rage, parbleu
Bleus d'amour
Bleus par bleus
Nous sommes bleus.

 

 

TOME 1

 AVENTURE, je suis
de pensée libre
je brise les frontières
Je séduis, j'éblouis
Je ne m'attache pas, j'avance
Je m'oppose et je contredis
Je suis un fils des cieux

--Pourquoi te crois-tu Fils ?
Toi qui n'es encore
Ni Eve, ni Adonis.

Le souffle de ta vie
A travers ton corps
Est si débile et petit.

Liberté, pugilats,
Combats et conquêtes :
L'avenir du Mâle est là.

Ton Créateur le croit :
Voilà vos quéquettes,
Pauvres Trompettes en Bois.


FUSION, je suis
je pars en reconnaissance
en quête d'accouplement
de protection et de possession
je cherche le sens et la signification
je suis fille d'une terre qui m'a engendrée
ma foi me porte

--Et toi, si frêle encore,
Te voici femelle
Puisqu'il faut un ventre au corps.

Par les mots ton corps
Se Sexe Il ou Elle :
Belle idée et bel effort !

Fille sans tête et veule,
Sans une opinion :
Quand elle est libre, elle est seule !

Sac vide et trou sans oeil,
qui, beau champignon,
Cherche sans ouvrir la gueule...

Je voulais jouer des idées
Non pas en inventer
Je voulais juste exposer

Je voulais raconter une histoire
si belle en mémoire
Que les mots en foirent

Je voulais rêver tout debout
Et créer des marmots...

--Mais donner un sexe aux mots
C'est donner un sexe à tout.

Quelle importance si elle est belle
L'idée que je poursuis
Mon histoire est jouvencelle
Laisse-moi une nuit.

--CHICHE !

 

Nostang

Après un retour en Bretagne, où j'ai passé une partie de mon enfance...

Nostang

Laisse
Laisse mon cœur
Il est de Bretagne puisque mes souvenirs le sont
La lande impénétrable
Et l'ajonc
Le silence des vieilles devant l'âtre aux odeurs de vin chaud
Les calvaires comme des hommes dressés aux carrefours
Et l'Ankou
Le vent de le mer qui t'enserre le corps
Et le cou
Un goût salé sur ta paupière
Au cri des cormorans

Laisse
Laisse mon cœur
Il est de nulle part puisque les marins le sont
Ô Vierge des naufragés
Je t'ai capturée dans ces filets que plus personne ne ravaude
Les canevas empreintés des disparus
Et les petits crabes qui craquent sous les pas

Laisse
Laisse mon cœur s'appartient aux souvenirs d'argile
Et de granit
Les fontaines de pierre et les chapelles
L'appellent
D'aber en ria, et de schorres en collines
Les ronciers d'aubépine la Rose de Noël
Le chaume et le vent

Laisse
Laisse mon cœur
Je crois qu'il s'est perdu un peu aux croisées des rives et des chemins
Entre le chêne et le pin
Là où sourd cogne le vent
D'antan

 

 

Sans titre

Quand les sommeils se font lourds d'incertitudes
Quand les enfants rentrent du bois
Comme les loups
En sortent
Quand les ans font rangs entre nos joies
Comme les clous
Des portes
Quand les soleils défont pour rien les habitudes
Que les rires sages des mariées se destinent à l'oubli
Et que les rivages des marais se dessinent à nouveau
Nus
Quand l'amarre se défait lasse des corps et les dénoue
Quand la marée fait tête basse parmi les shorres évanouis

Les engoulevents s'étreignent

Quand leurs cris dévorés par la descente du ciel
Les oiseaux disparaissent des sentes
L'eau se fait noire aux yeux des marcheurs
Et des voiles qui n'ont jamais existé se promènent devant l'abîme
De leur cœur

Je suis à la fenêtre
Et la présence monstrueuse des remords
Me tient
Debout


 

 

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