| Eduard von KEYSERLING
Le murmure des vagues Un
jour gris de brouillard, dans la grande salle, Doralice
regardait par la fenêtre la cime du vieux poirier se
balancer sous le vent qui arrachait ses feuilles jaunes,
les faisant tourbillonner dans une poursuite infernale.
Ces petite feuilles jaunes folâtraient et virevoltaient
comme si elles se réjouissaient de se détacher de
l'arbre. Doralice entendit son époux entrer. Après
quelques petits pas qui firent craquer ses bottes de
cuir, il approcha le fauteuil de la cheminée, s'assit,
prit un tisonnier pour attiser le feu, comme il aimait
le faire. quand il ouvrit la bouche pour dire ma
chère, Doralice se retourna et fut aussitôt
frappée par son air malade et son nez qui paraissait
particulièrement blanc et pointu. Il ne leva pas la tête,
mais continua de regarder les braises qu'il tisonnait.
"Ma chère, reprit-il, j'ai admiré ta patience,
mais restons-en là, je viens de convenir avec monsieur
Grill qu'il nous quittera aujourd'hui. Le portrait, de
toute façon, n'a pas l'air de prendre forme et c'est
trop te demander que de subir plus longtemps l'ennui de
ces séances et de cette... compagnie. Nous nous
retrouverons donc entre nous. n'est-ce pas agréable
?"
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