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David Abrantès
A l'Aimée
Elle
ne peut s'ouvrir que sur une donnée pure, aussi
richement dotée que son col est mince et pauvre.
Blanche colombe que ne tranche ou ne menace aucun glaive
d'infortune, que tes ailes se déploient en éventail
d'or, que tes mains se tendent vers un ciel plus propice
et que tout ce que tu donnes te soit rendu au centuple,
poupée de cire chaude et qui ne fond pas. Tes yeux ne
connaîtront jamais l'extinction des feux estivaux, tes
yeux toujours toujours resteront ouverts et s'evertueront
à comprendre le sens d'une parole injuste et d'accorder
un juste pardon aux fautes de ceux qui sont moins purs,
moins ouverts que toi à la plénitude barrée de ce
monde. *** Au
bord de la mer morte Inondée,
le corps grêlé de sel, elle flotte en étoile nuancée
et derrière elle les courbures ocres des monts
dessinent des échines, des outres, pour en récolter le
suc, que nul trait céleste, nulle foudre sans patience
ne vient briser pour en récolter le suc amer. D'autres
gens flottent avec moins de rigueur et d'aisance, ils
roulent à la surface maudite des flots comme pour
démontrer l'impuissance, la stérilité de cette
marmite d'huile où tout est cuit et recuit, consumé
depuis des siècles et où cesse l'étonnement. Quelle
grande rigueur nous observons maintenant, sur les
rivages repeints! nous nous absentons de ce sol trop clément,
de ces oasis touffus, propres à revigorer le sang
cramoisi qui ne coule dans nos veines que pour trouver
une lueur et sortir de ces corps dont elle déplore la
prudence. Elle voudrait que nous nous écorchions les
mollets, que nos prises se desserrent, que nous tombions
dans un grand vide fanatique, n'ayant plus pour objet
que de nous contempler, vaste entité sans ressort et
triste de nous-mêmes… ***
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