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Martine Arzur
Sans
titre
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J'avoue, j'attends un cadeau précis
je me délecte parfois de me l'imaginer
Est-ce un vol céleste en usurpation ? ...
Mais qui me l'interdit
sinon moi-même
J'ai le droit d'aimer, de gagner, de recevoir...
Dieu
et moi, nous nous devons la vie
puisqu'Il me la donne pour la vivre à Sa place.
Alors ayant compris cela de bas en haut
de haut en bas
Je sais que je suis depuis toujours
Sa marionnette sans fil
qui se souvient soudain
et qui danse sur la corde tendue
au-dessus du fleuve de l'oubli.
Ainsi je penche un peu au-devant de Lui
en inclinant mon balancier
et ajustant mon équilibre,
par la fenêtre ouverte, j'attrape des morceaux de
vertiges
par la fenêtre ouverte, je cueille quelques pommes rouges
des anciens jeux interdits
et je vois fleurir dans mes mains
des montagnes au sommet des montagnes.
Tout est possible.
Se glisser hors la loi sur la crête des lois du vide
sous celles du Père pour savourer à loisir
cette joute où il me fait son chevalier
et je me fais sa favorite.
Nous
voici, je suis le palefrenier du Maître
je suis funambule, acrobate et troubadour
J'ai perdu la tête jusqu'à l'ivresse
car à son banquet où nous étions conviés
Il m'a enivré de son vin qui réveille d'autres
mémoires...
Je lui ai chanté sa chanson jusqu'à ce qu'Il me la
rappelle
parfois inconsciente j'ai bredouillé ses mots sans
conviction
mais lorsque la mélodie s'est mise à danser sous mes
pieds
tout m'est revenu enfin et ensemble nous nous sommes
mimés
car je suis Sa proie et Il est aussi la mienne
et ensemble nous sommes enlacés depuis l'éternité sans
temps.
Je
danse avec mon père une valse à deux temps
Il est le cercle fermé, le O infini
et je suis ce qui tend vers Lui je suis le i de Son nom
Dans le couloir sans fin du présent
les dalles sous nos pieds portent des tapis couleur
arc-en-ciel
la voûte au-dessus de nos têtes est Sa couronne qu'Il
m'offre en partage
par pure bonté car Son royaume est pour moi.
Mais j'oubliais... est-ce encore un bal de chimère ?
Si oui, alors accorde moi la grâce de me réveiller, Aies
pitié mon père !
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