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Ailes... Ou voiles...
Aux limites de ma déraison
S'accrochent mille papillons
Et leurs ailes chamarrées
Invitent mon cœur à chavirer.
Aux limites de ma folie
S'accrochent mille bengalis
Et leur ailes piquetées
Invitent mon cœur à palpiter.
Aux limites de mon isolement
S'accrochent mille gréements
Et leurs voiles déployées
Invitent mon cœur à tournoyer.
Qu'importe si, au terme du voyage,
Ma déraison doit faire naufrage
Et ma folie ses bagages...
Ailes...
Ou voiles...
Mon cœur en remorquage
Saura échouer sur cette plage
Où, brisé par le vent
S'étiolera mon isolement.
II
Chamboulement
Le soleil a éternué
Et le monde s'est enrhumé.
La lune s'est mise à pleurer
Des larmes de rosée.
Les saisons ont renégocié
Leur ordre de passage obligé,
Et c'est en plein été
Que la neige est tombée.
L'hiver dépité
A senti l'orage gronder,
Le printemps a ramassé,
A terre, les feuilles abandonnées.
Et l'automne s'en est allé
Se promener dans les prés.
III
Dimanche matin
Le ciel est moins gris ce matin
Les oiseaux me sourient
D'un air taquin.
Dans le parc Montsouris
La rosée s'éparpille
Et l'herbe scintille.
La cité est encore endormie
Je dis bonjour à mon voisin
En chuchotant
Nous ouvrons nos volets
Tout doucement.
Gestes feutrés
D'un dimanche matin.
J'entends le souffle de Fanny
Endormie dans mon lit.
Je n'ose pas la réveiller.
Le sommeil d'un enfant
C'est magique et sacré.
Il n'y a pas de vent
Et pourtant
Les arbres presque dénudés
Lâchent une à une
Leurs feuilles flétries et fanées.
Le cri d'une corneille
Vient meurtrir le silence.
Pas de rossignol ce matin
Pour m'égayer de ses trilles.
Ni d'hirondelles dans le ciel
Elles sont parties
Depuis déjà longtemps
Retrouver le soleil.
L'automne n'est plus flamboyant,
Tout jaunit doucement.
L'hiver s'annonce et prépare
Déjà, son manteau blanc.
Dimanche matin dans la cité,
La vie est en suspens
Je n'ose plus bouger.
Et je retourne dans mes rêves
Au creux de mes draps tièdes.