FLORIANE
ELIOT
Ma pluie
Mon amour, il pleut, je t'aime.
La pluie chante son éternelle agonie, elle pleure,
triste, perdue, seule.
Je t'aime.
Il pleut toujours.
Je pleure toujours.
La pluie disperse sa douleur sur les arbres, sur les
maisons,
sur les routes, sur mes cheveux, sur ta main.
Une goutte, sur ma joue, glisse.
Embrasse-moi.
Tu n'es pas là.
Je t'aime.
La pluie assèche son âme souffrante,
elle m'a offert une goutte d'argent, là sur mes lèvres.
Où es-tu mon bébé?
Bois la perle de souffrance qui est sur mes lèvres.
Une goutte ou une larme?
Douce ou acide?
Son goût te le dira.
Où es-tu?
Je t'aime.
Pleurer. Pleuvoir. C'est la même chose.
Cela commence par la même syllabe. Comme pleutre.
Partout, sauf près de moi.
Et moi? Je ne suis pas là.
Je suis ici où j'aime être
mais je veux être là.
Il pleure toujours.
Je pleure toujours.
Moi? Pas comme la pluie.
Je pleure moins depuis que tu es ici.
Mais toujours, car tu n'es pas là, mais juste ici.
Je t'aime.
Oui, je sais, toi aussi.
C'est beau. L'amour? Non la pluie.
L'amour c'est triste, la pluie c'est beau.
C'est l'inverse?
Non. Je trouve que non. Mais l'amour c'est beau
aussi,
et la pluie c'est moche aussi.
Cela dépend de la noirceur du cour.
Tu es ici.
Tu n'es pas là.
Il ne pleure plus.
Je ne pleure presque plus.
Merci.
Ici.
Pas là.
Je t'aime.
Ici. C'est ton cour. C'est mon cour.
Là. C'est mon corps. C'est ton corps.
Il pleut mon amour. Je t'aime.
Sept.01
A Toi.
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