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KACEM LOUBAY
DON DU CIEL ...
A MON AMI LE POETE
AHMED EL INANI
Ami de longue date
Offrande du ciel clément
Et d'une nature éblouissante
Je t'écris et mes vers
s'emballent
Je t'écris et les fibres de
mon cour
Dans l'incarcération démesurée
Voit s'entrouvrir la croisée
de l'amitié
Sur un horizon qui
maintient son azur
Où un rayon fugitif en éveil
Qui jadis était en perdition
Retrouve la mémoire des années
perdues
Retrouve le chemin sillonné
ensemble
Je te revois au seuil de la
porte
Je te revois à la lumière des
souvenirs
Dans la maison de quiétude
Quelque part , je ne sais plus
où
Qu'importe les eaux du fleuve
continuent
Leur cheminement dans les bras
de l'océan
Qu'importe le temps pour ma
blessure
Qu'importe à ma plume les
affres de l'érosion
Qu'importe à mon encre sa métamorphose
Ton signe serein fait
renaître
En moi une providentielle
sève
Fait dresser une sympathique
passerelle
Entre deux rives enfin retrouvées
Oui mon ami , la vie est belle
Il faut savoir l'admirer ,
l'aimer
Savourer chaque instant qui
passe
Dans la douleur existe des
moments de bonheur
Dans la grande solitude du
silence
Il y ' a toujours de fins
bruits qui résonnent
Et son écho permanent frôle
la paroi
De ma sensible ouïe excitée
qu'amplifie l'écho
Je suis le même tortueux
parchemin
Façonnée par une aveugle
destinée
Ingrate est cette vie de mes
jours
Que faire , lever la tête
haute , la défier ...
A toi mon ami , poète à
la plume fertile
Je t'offre une coupe pleine de
vers en floraison
Fais - en un diadème rien que
pour toi ...
Kacem LOUBAY
B.P. 29
KHENIFRA 54000
Mardi 10 avril 2001
MES OISEAUX ...
Au début ils étaient deux
A me souhaiter la bienvenue
Ils m'attendaient lontemps
Et suivaient des yeux la route empruntée
Je les remerciais infiniment
En leur donnant quelques miettes ...
Je partageais le pain avec mes invités
Je les regardais avancer doucement
Ils sautaient , faisaient de petits pas
Ils ne cessaient de ramasser des becquetées
De temps en temps ils s'envolaient
Pour regagner leurs niches perchées
Ils revenaient avec leurs petits cris
Et m'entouraient de leur présence
Les jours , les semaines , les mois passent
Aujourd'hui c'est tout un contingent
Qui réclame sa petite part quotidienne
Ils sont devenus aussi nombreux
J'ai décidé d'augmenter ma ration
Qu'elle est grande ma joie de les voir
Chercher mes yeux en signe de fidélité
A m'attendre pour exprimer la convivialité ...
Chacun en me remerciant de sa propre voix
Je me sens intégré dans leur petit monde
Qui courent derrière une simple croûte
Qui s'approchent à la limite de ma main
Qui sur ma table s'attaquent aux restes ...
Ils sont toujours là , ils m'attendent
Ils éveillent en moi la générosité
Ce ne sont que de simples oiseaux
Qui volent et nourrissent leurs petits
Pourtant ils sont devenus nécessaires
Pour un homme qui voit en eux
Une autre société plus tolérable
Que celle où je vis comme un exilé ...
Mes oiseaux , dès le matin sont là
Ils m'attendent et chantent mon arrivée
Ils sont là et je jouis de cette grandiose sérénité
Au sol , la barrière , la chaise , la table
Ils prennent dans leur bec magique
Chacun un brin , une simple miette de pain
Je me demande quand je ne serai plus là
Lorsque je serai en voyage ...
D'autres mains commencent à semer des graines
Ils sont deux , ils seront demain aussi nombreux
A tendre leurs mains et à suivre
Le lent cheminement d'un être bénévole
Qui aime les oiseaux solitaires
Qui le traduit chaque jour , chaque matin
En invitant à sa table unique , et isolée
Ses meilleurs amis ... LES OISEAUX
Kacem LOUBAY
KHENIFRA : Lundi 25 Juin 2001
MAROC
k.loubay@voila.fr
Amie,
je sors de ma réseve
Amie, je sors peu à peu de ma réserve
J'essaie de sortir des ornières du passé
J'ai chevauché en solitaire cette vie
Mon trajet est un long labyrinthe sans fin
Et mon unique patrimoine est ma demeure
J'ai essuyé de mes mains moites les misères
Qui me collaient durement sur tout le corps
Les jours, les mois, les saisons qui passent
Laissent au fond de mon cœur des empreintes
Des fois je me sentais en pleine convalescence
Des fois encore émergeaient de l'abîme des cris
Je ressemble aux eaux d'un profond océan
Qui virent de la simple vague à la fureur
En dévastant la côte de la rage de la houle
Après la tempête déchaînée, ses lourds ravages
Le calme retrouvé, la douceur a repris son siège
Et moi, ravi, je quitte l'enceinte de mon gîte
Pour sillonner en solitaire les rives du fleuve
Regarder les reflets des arbres, des nuages
Suivre de mes yeux rassérénés la foule qui passe
Amie, tu vois je sors de mon infortune réserve
Pour continuer à peindre de mes mots des toiles
Ma tristesse n'est qu'une goutte de rosée
Qui se lamente le matin sous les rayons du soleil
Je vis sous tension, je ne suis qu'un furtif acteur
Jouant son rôle écrit par les mains de la destinée.
Kacem
loubay
KHENIFRA : Lundi 7 Janvier 2002
MAROC
VOYANCE
La cartomancienne rencontrée
Au fil de mes voyages nocturnes
Dans un lieu hors du commun
Dans les bas fonds de la misère
Dans les dédales de la ville sourde
S'est mise à vociférer des injures
A demander l'assistanat des ombres
Tous les anciens démons du maléfice
Les gardiens des vestiges préhistoriques
Des tombeaux transformés en demeures
Je lui tends une main anonyme
Une main effacée depuis longtemps
Elle tombe dans une transe innommable
Et sa voix devient une autre voix irréelle
Une voix d'homme aux intonations rouillées
La main ouverte comme des palmes sèches
La paume dirigée vers la seule lumière
Qui déferle par saccades d'un vieux cierge !
Tu sais mon fils tes lignes sont étanches
Hermétiques comme une porte aux gonds rivés
Tu es constamment en lutte avec tes idées
Et l'axe des jours se trouve sous la menace
Des contingents du silence, des esprits damnés
Il te faut un encensement de tous tes écrits
Une purification générale de tout le corps
Tu es victime du trajet de tes années de plomb
De tes sombres sorties à travers la jungle des mots.
Il te faut changer ta façon de voir les choses
De voyager hors de cette terre qui est ta geôle
De chercher la compagnie des hommes du bien
Tiens, je voix une certaine dame qui te suit
Ni grande ni petite, ni blanche ni noire, belle
Elle est comme ton ombre, inséparable
Elle vit en toi, dans tes moments, dans tes rêves
Elle dicte la profondeur de tes pensées
Elle est là : je la vois, elle est assise à tes côtés
Elle psalmodie quelques versets pour t'atteindre
Qu'elle sorte de ta vie et tu retrouveras la paix !
Je reste muet devant ce déconcertant délire
Je suis victime de cette vision apocalyptique
L'heure de cette lecture n'a plus de repères fixes
Toutes les traces enfuies de ma vie se dévoilent
Cette pauvre femme m'enfonce dans un gouffre
Dans un océan de suspicion envers les autres
Le dégoût d'être, de haïr les lignes de cette main
De m'en vouloir de chercher à connaître l'à venir
Des cris, des chants d'enfants, des coups à la porte
Je sors de ce cauchemar pour embrasser les amis
Rien de rien, ma mémoire qui continue le harcèlement
Je retrouve peu à peu le chemin ma vraie quiétude
Kacem loubay
KHENIFRA : Samedi 5 Janvier 2002
MAROC
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